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[Sous mes yeux

une poétique de la transmission ?

« Agir signifie faire venir son existence [...] du futur vers le présent. »

Bruno Latour
Sociologue, anthropologue et philosophe

Qu’ai-je à voir - avec ou de - ces mondes qui m’entourent ? C’est le temps d’aller à la rencontre de l’autre, de l’ailleurs physiquement. Un ailleurs « sous mes yeux ».

 

Compost d’imaginaires, terreau de créations individuelles et collectives ou bien encore laboratoire nomade de réflexion, [sous mes yeux veut offrir aux jeunes générations un champ de réflexion et de collaboration autour des questions fondamentales (vitesse et lenteur, flux, travail, désastre écologique et relations à la Vie, aux vivants, à la Terre...) que soulèvent notre époque du « tout numérique/tout technologique » — et que la pandémie n’a fait que bouleverser plus violemment encore.

L’outil numérique, ici, est envisager comme un moyen offert de penser et travailler notre inscription dans le monde, aider les jeunes gens à interagir avec la société dans laquelle ils vivent et s’inscrire dans leur environnement, voire leur permettre de le modifier en fonction de leurs rêves, de valeurs mises en commun.

En partenariat avec La Maison de la Poésie de Paris depuis cinq ans, nous mettons en place des temps de rencontre réflexive et créative entre enfants, adolescent.e.s et auteurs, autrices, artistes, penseuses et penseurs, actrices et acteurs du champ culturel.

 

C’est un espace-temps de tressage et de transmission où l’adulte est avec, à côté et non « au-dessus ». Il-Elle accompagne et soutient.

Saison 25/26

CE QUI TRACE #1


Projet mené avec les élèves de 4e des collèges Henri Barbusse, La Courtille (Saint-Denis) et Robert Doisneau (Paris 20), en partenariat avec la Maison de la Poésie de Paris.

Trois fresques in situ. Trois régimes de voix. Des fragments écrits, peints, lus, créés et traversés collectivement.
Avec :
Bénédicte Lesenne, comédienne
Raphaël Étiévant, artiste plasticien
Rémi Cierco, artiste plasticien
et l’aide de
Rym Debbarh-Mounir, monteuse son
 

La Courtille  TERRE & GECKO
« NOUS SOMMES DÉJÀ FORTES »

Certaines d’entre nous cachent leurs larmes
Certaines n’osent plus

Les femmes absorbées par l’ombre

Les femmes retenues par des racines

Nous sommes déjà fortes


(hommage à Lisette Lombé et à toutes nos sœurs)

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DOISNEAU — EAU & MÉDUSE
« UN POÈME COULE DANS MES VEINES »

Appel des vagues dans la mer
Appel des nuages dans le ciel
Appel de nouveaux lieux remplis d’espoir

Une ligne vitale
Une voix continue
Une lumière dans mon cœur

Un chaos, une harmonie

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BARBUSSE — AIR & OISEAUX
« NOUS GLISSONS COMME DES AILES DANS L’AIR »

Je traverse l’horizon
Mon souffle frôle les nuages

Je reste sous la lumière
Mais le ciel s’assombrit

Nous respirons
Le miracle de l’espoir

Je plane
Je m’élance

 

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GESTES / FABRICATIONS > UNE VOIX CONTINUE

Des mots apparaissent sur
la page, un mur.

Ils flottent,
s’accrochent,
traversent les couleurs.
Le regard circule
entre lecture et image.
Le poème n’est plus seulement écrit :
il devient espace,
surface,
trajet.

POÈMES POLYPHONIQUES. Sélection de l’année.

Barbusse _

Connais-tu Saint-Denis, cette ville à côté de Paris?
Une cité aux mille origines qui ne connaît pas la nuit,
Où chaque coin de rue est un voyage, une promesse infinie.
On dit que je suis une âme pure au passé clair,
Mais je suis une porte fermée qui ne s'ouvrira jamais.
Sais-tu que je marche ? Connais-tu ma colère et ma vie?
Ici, il pleut de l!amour et la rage des oppressés,
Il pleut les regards de la société sur nos chemins tracés.
On dit que je brille comme une étoile,
Mais je suis le fond de l!océan, sombre et froid.
Sais-tu mon intelligence ? Connais-tu ma tristesse?
Mon cerveau est une usine à images, une richesse,
Je suis une mosaïque dont chaque pièce raconte une histoire.
On me voit comme le ciel,
Mais je suis né quand le désespoir n!avait pas d!ailes.
Au crépuscule du soir, sur un gazon sans fleurs,
Sous le ciel ouvert, loin des bruits et des douleurs,
Je cherche, dans l'infini, quelques gouttes de silence.

REMERCIEMENTS

La compagnie POMOA remercie chaleureusement les élèves des collèges Henri Barbusse (Saint-Denis), La Courtille (Saint-Denis) et Robert Doisneau (Paris 20e), pour leur engagement, leur poésie, leurs voix et leur confiance tout au long du projet.


Merci également aux équipes pédagogiques et éducatives des trois établissements pour leur accueil et leur accompagnement sans faille.


Merci à  l’Ensemble Les Apaches ! de nous permettre  d’accompagner en musique la vidéo Ce qui trace - Gestes et Rythmes. Merci tout particulier à l’artiste et chef d’orchestre Julien Masmondet.


Le projet « Ce qui trace » a été mené en partenariat avec la Maison de la Poésie de Paris.Avec le soutien du dispositif Art & Culture au Collège — Département de la Seine-Saint-Denis et du dispositif L’Art pour grandir — DASCO / Ville de Paris. Ainsi que la Direction Réussite et Innovation Éducative / Service Enseignement Secondaire et Supérieur de la Ville de Saint-Denis 
Merci à la Ville de Saint-Denis pour son accueil à l’Hôtel de Ville lors de la restitution publique du 21 mai 2026.

Saison 24/25

Leïla la nuit

Leïla la nuit est un poème polyphonique et polymorphe.

Un poème, un personnage et plus d’une cinquantaine d'adolescent·e·s pour les imaginer, les faire vivre en mêlant les écritures et les langages : texte, dessin, peinture, vidéo et photographie.

L’héroïne, Leïla, passe de vie en vie comme l’Orlando épique de Virginia Woolf — en claire résonance avec le Orlando, ma biographie politique de Paul B. Preciado.

Une création collective proposée et réalisée par la poète Anne Mulpas et l’artiste Tiamat pour [sous mes yeux / 2025.

Merci à Joachim Leroux pour les compositions musicales qui accompagnent tout un pan de l'œuvre.
Et bien sûr, merci à la Maison de la Poésie de Paris, au Département de Seine-Saint-Denis et à la DASCO/Ville de Paris (dispositifs CAC et Art pour Grandir). 

Poèmes des classes de 4èmes Berlioz & La Courtille

SMY_25_Leïla, la nuit

Poèmes 4es Berlioz - version Petit Prince

Intro Romane

« Les grandes personnes ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent : "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître. »


Peut-être que Leïla a connu un aviateur.
Peut-être a-t-elle aimé une rose au caractère de chien.
Peut-être s’est-elle laissé apprivoiser par un renard.


Peut-être. Peut-être.
Voyage de princes et princesses du quotidien.
En une vie, tant de possibles histoires.


Ce que l’on sait de Leïla la nuit, c’est qu’elle fit un long voyage. De planète en planète, elle en vit de toutes les couleurs. Parole d’aiguilleur. Parole d’explorateur.

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