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Juin sur avril

il y a 12 heures
2 min de lecture

Elke de Rijcke

Éditions Lanskin, 2021



De la fracture à l’ectoplasme :: chez le médium, la matière blanche lui sort par la bouche. De l’ectoplasme à la bouture :: chez le médium, la matière grise lui rami=ie le cœur.

 

JUIN SUR AVRIL

recueil — récit, journal, méditation — compose, décompose, recompose sans cesse « la perception et la cognition du corps ». Au premier seuil, ciel-qui-lit* circule dans un éblouissement cubique de plexiglass. La sculpture labyrinthique The Flux and the Puddle, le Flux et la Flaque, de David Altmejd. Un disponible devient visible — rappelant dès les premières pages que « l’enjeu du labyrinthe est de s’y engager, non d’en sortir ».

L’esprit pelote l’émotion. L’émotion tisse les Mils de la pensée. Oui, quelque chose trame — mais au corps même — totalité autant que fragments, ainsi que les Abattis de Rodin, ces « morceaux » (bras, têtes, jambes, mains et pieds) de toutes dimensions qui s’animent dans l’œil qui les embrasse.

 

JUIN SUR AVRIL

La chaleur minérale du ventre. La faune d’un toucher. L’activité sensorielle des neurones. La langue, bien sûr, outil et territoire.

Ciel-qui-lit s’écrit dans les tissus songeurs de l’autrice, s’engage dans un corps méandre. Et voici la rencontre, l’expérience — la vie de toutes parts / la vie elle-même — une inMinité de Mils reliés à l’océan de la mémoire humaine, ses souvenirs, ses impressions qui la structurent et l’alimentent jour après jour, au quotidien.

 

JUIN SUR AVRIL

est une cartographie cérébrale, une topologie organique de la vie récente.

Au sol, au lit, au jardin, dans les plis de l’amant(e)… ciel-qui-lit atteint des profondeurs sur des étages d’étoiles. Ça-ça. Se fracture. Se greffe. Se déploie. Se rétracte. Germe en lettres, brutes et veloutées et témoigne des perspectives objectives et sensibles d’une existence travaillée par les forces agissantes de l’imaginaire. Le désir est/en action.

 

JUIN SUR AVRIL

Moi-moi. Moi-toi à « voix autre » — par touche / par coup / comme une vague (jamais la même) lèche et martèle son rivage (toujours autre). Comme des racines nuageuses. Comme… revenues, revenantes…

…des micro-métamorphoses échappant au scanner du savoir, des sensations s’agglutinant au Mil des pages. Une quête au creux d’un monde où ciel-qui-vit sent/sait le risque de la servitude et de la docilité. Le scalpel de la dépossession.

Alors qui ? Alors quoi ? Eros neuronal, Eros en mode thriller, post-rock métal. L’amour comme expérience possible du bonheur.

Pourrais-je survivre à l’explosion de mon cœur ?

Rien n’est moins sûr, rien n’est moins grave puisque de métamorphose en métamorphose, le temps est une écriture réversible**.

JUIN se retourne SUR AVRIL en investissement symbiotique / en coopération d’innombrables éléments « contenus dans une pastille ».

Anne Mulpas

 

* (ciel-qui-lit :: celui/celle-qui-lit)

** Réversible > Littré – 3 - Terme de thermodynamique. Transformation réversible, transformation telle que, quand un corpspasse d'un état à un autre, ce corps puisserevenir du secondétat au premieren repassant exactement par la même sé

 
 
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