…de chair et d'Oz

AN I_M10_J5 — Calendrier des phénomènes. Septembre a bossé ses bilans : plus de 8 000 personnes mortes en lien avec la chaleur (Santé publique France, bilan des canicules 2026) ; 9 127 tonnes de cadavres d'animaux (Ministère de l'Agriculture, audition d'Annie Genevard devant le Sénat, été 2026).
Terrasses effervescentes — apéros, tapas et salades en sachets. On parle encore/toujours d’été indien. Les premières gelées n'ont pourtant pas eu lieu. Il n’y a pas de « retour de la douceur ». Seulement un été qui n’en finit pas. On entre dans Octobre.
— L’automne est le silence avant l'hiver. Colette crache un chat de sa gorge.
— Mais ma pauvre dame, y a plus de saison.
Ou peut-être juste une seule. Sombre, désolante.
Révolution vs Répression. 3e semaine de blocage des lycéens. (y a plus de saison, on ne sait plus comment s’habiller… masque à gaz, gilet pare-balles, c’est seyant mais ça tient chaud) Côté « silence d’automne », en fait c’est le boucan, camarade. Vent de colère / Tornade de désirs, d’imaginaires. Les « Maisons du savoir » décollent du quotidien. Cahier de doléances — dont l’une des pages dénonce la vétusté et l'insalubrité des locaux. À laquelle fait écho, côté étudiants, la suppression de certaines aides au logement.
AT(h)OME suit le mouvement. Songe à ces heures où l’école était une seconde demeure. Peut-être même la première — là où les vents ne hurlaient pas.
Quand on y pense, ça n’est pas rien : 22 000 heures « entre les murs » — si on inclut les récrés, la cantine, les heures de colle et cie.
L’école, la taule & le refuge — sous les combles frais du c.d.i. La planque parfaite pour dézinguer les (mauvaises) sorcières, faire fondre l’oppression avec la camarade Dorothy*. La poudre aux yeux faisait le taf, la magie semblait utile. At(h)OME n’avait pas encore lu CosmOz de Claro* (sans même dater, on s’en doutera).
Chez soi.
Garde « chez ».
Soi s’en va faire l’Épouvantail, il reviendra plus tard — il le fait toujours, revenir.
Dorothy veut rentrer chez elle.
Soit.
Chez — c’est pour le voyage dedans-dehors. On peut rêver tout un Royaume de « chese ». Une histoire pas banale de nom commun qui devient préposition. La casa (de papel - mais pas que), c’est la chaumière, la cabane. Pour le faire vite (mais pas trop), ça donnerait ça : nom commun casa → maison → maison de Dorothy → en chés Dorothy → chez Dorothy → préposition. Le bâtiment disparaît ; la relation demeure (sic).
On peut filer aussi/ainsi → chez les lions (poltrons ou pas), chez L. Frank Baum ou chez Claro, chez les flics, chez les ectoplasmes ou bien encore chez eux, où la colère est légitime (forcément, avec un œil, une main en moins) … Un même « chez » et c’est tout un monde, une communauté, une manière d’être…
Chez les adultes… Chez les jeunes gens…
Extinction vs Rébellion.
There's no place like home*, n’est-ce pas ?
* Passages de l’étoile :
Baum, L. Frank, The Wonderful Wizard of Oz, Chicago, George M. Hill Company, 1900.
Fleming, Victor (réal.), The Wizard of Oz, adaptation cinématographique du roman de L. Frank Baum, Metro-Goldwyn-Mayer, 1939.
Claro, CosmoZ, Actes Sud, 2010.

